Entretien avec Benjamin Toniutti avant la deuxième étape de la World League à Pau ce week-end

Benjamin Toniutti : « On espère que ce sera la folie à Pau ! »
À quelques jours du deuxième tour de World League, qui se tiendra à Pau du vendredi 9 juin au dimanche 11 juin, le capitaine de l’équipe de France fait le point sur les débuts d’une équipe de France recomposée mais déjà conquérante.
Vous revenez d’un week-end idéal à Kazan, avec trois victoires en trois matchs, de quoi faire le plein de confiance avant le deuxième rendez-vous, à Pau (du 9 au 11 juin)…
Les début sont très positifs. En partant en Russie, on avait l’objectif de gagner deux matchs, on a finalement fait mieux avec trois victoires. C’est vraiment bien, cela confirme ce que l’on a montré lors du tournoi de qualification au Mondial. À Lyon, on s’est qualifiés avec un bon niveau de jeu, mais avec une incertitude : savoir si on le maintiendrait face aux grosses équipes. Finalement, on a assuré face à des adversaires de taille.

De grosses équipes, il y en aura aussi à Pau…
Oui en effet, ça risque d’être encore un niveau au-dessus. On va jouer les Russes qui auront surement à coeur de prendre leur revanche. L’Italie, qui sort d’un week-end avec deux défaites et qui a besoin de gagner pour sauver sa place au Final Six. Même chose pour les États-Unis, avec trois défaites lors du premier week-end, ils sont dos au mur et vont tout donner. La compétition sera dure, c’est sûr. On va préparer les matchs sérieusement et continuer sur notre lancée.

Il s’agit de trois équipes que vous avez rencontrées à plusieurs reprises lors des trois dernières années, pouvez-vous nous en dresser le portrait ?
Nous entamerons le second tour de World League par la Russie (vendredi 9 juin). La formation russe a beaucoup changé depuis l’an passé. Leur joueur phare, Dmitriy Musyerskiy, n’est toujours pas revenu en équipe nationale. Ils testent beaucoup de nouveaux jeunes joueurs, notamment au poste de passeur. La Russie a tellement de bons joueurs qu’ils peuvent se permettre un tel turn-over. C’est une équipe très très compliquée à jouer parce que les joueurs sont tous plus physiques les uns les autres. Dans sa nouvelle composition, l’équipe russe est d’ailleurs encore plus physique que celle que l’on a connu l’an passé.

Vous enchaînerez ensuite par l’Italie vice-championne à Rio, le samedi 10 juin...
L’effectif italien a bien changé depuis Rio. Ils perdent leur deux attaquants majeurs : Osmany Juantorena et Ivan Zaytsev, qui ne participent pas à Ligue Mondiale. Le jeu sera forcément différent, avec une distribution plus équilibrée. C’est une équipe qui reste très dangereuse, parce qu’elle présente des grosses individualités, qui jouent dans les meilleurs clubs en Italie.

 

Et enfin les États-Unis, pour un match de clôture le dimanche 11 juin…
Les médaillés de bronze à Rio vont jouer avec un groupe très renouvelé. Sans les deux centraux titulaires habituellement, ils vont s’appuyer sur l’expérience de leur très bon passeur, Micah Christenson. Taylor Sanders sera à surveiller à l’aile. David Smith, l’ex-Tourangeau, fait aussi figure d’ancien dans l’équipe américaine. La grosse surprise sera le nouveau jeune pointu : Ben Patch. Cela promet un beau duel avec notre pointu Stephen Boyer. Comme nous, c’est une équipe nouvelle, mais elle semble ne pas encore avoir trouvé l’équilibre attendu. Cela viendra, ils ont beaucoup de joueurs de talent.

« Je suis également impressionné du niveau qu’on a au bloc »

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L’année 2017 post-olympique est-elle forcément un peu spéciale ?
C’est une année un peu particulière parce qu’il y a beaucoup de joueurs qui arrêtent ou profitent de la World League pour faire une pause. De notre côté, on note quelques départs, mais peu de repos. On a tous envie d’être en équipe nationale. On aime le maillot bleu et tout ce qu’il nous permet de vivre. C’est beaucoup de sacrifices mais cela vaut le coup. Quoiqu’il arrive, on reste sur la volonté de vouloir ramener des médailles. Quelle qu’elle soit, l’équipe continue à travailler. L’objectif de cette année post-olympique, c’est aussi d’accueillir un maximum de joueurs dans l’effectif national parce que c’est aussi cela qui fait progresser une équipe.

 

L’équipe de France a élargi son effectif cette année,. En tant que capitaine et passeur, vous observez cela d’un oeil attentif, quelles sont vos premières impressions ?
On joue actuellement avec un six stable, mais énormément différent de l’an passé. Et à côté de cela, on a des remplaçants qui ont vraiment impressionné lors du TCQM à Lyon. Ce qui m’a le plus surpris c’est la maturité des jeunes joueurs. Je pense que cela vient aussi du fait que nous, anciens, nous sommes là pour les encadrer et les entourer, cela doit les aider. L’exigence de travail à l’entraînement a rarement été aussi élevée. Je suis également impressionné du niveau qu’on a au bloc. Ce qui était l’une de nos difficultés majeures auparavant devient une force. C’est une excellente nouvelle, une véritable plus-value pour notre équipe que l’on définissait souvent par sa défense et sa force au soutien.

 

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Après le TQCM à Lyon, c’est votre deuxième passage en France en moins d’un mois. Cela fait-il du bien de jouer à la maison ?
On a vraiment été touchés par ce qu’il s’est passé à Lyon. Moi qui suis en équipe de France depuis longtemps, je n’avais jamais vécu quelquechose d’aussi fort. C’est la première fois que l’on voit un tel engouement en France. Donc on est super contents de revenir si vite à domicile. On espère retrouver cette ambiance à chaque fois que l’on viendra jouer en France,. Ça nous donne une énergie folle sur le terrain, mais c’est aussi un signe fort qui permet de faire avancer et rayonner le volley français. Avec le plateau relevé que propose ce deuxième tour de World League, on espère vraiment que ce sera la folie à Pau !

Après Pau, il ne restera plus qu’une case à cocher pour valider la qualification au Final Six, qui se tiendra au Brésil, du 4 au 8 juillet. On garde d’ailleurs de bons souvenirs de l’édition 2015 au Brésil également, année de votre premier titre en World League…
Oui, il nous faudra assurer le dernier tour en Belgique, à Anvers (où les Bleus affronteront dans l’ordre, l’Italie, le Canada et la Belgique). Si l’on est qualifiés au Brésil, on espère un scénario similaire qu’en 2015. Mais ce sera différent dans tous les cas puisqu’en 2015 on arrivait de nulle part. Depuis, on est devenus leaders au niveau européen et même mondial. Aujourd’hui, il y a plus d’équipes qui nous attendent. En World League, ces dernières années, on a brigué le podium. D’abord la première marche puis la troisième. On a envie de gagner une nouvelle médaille dans cette compétition. L’objectif concret, c’est d’abord de se qualifier. Il ne faut pas se mettre une pression folle puisqu’on est, comme toutes les autres équipes, une nouvelle génération. On ne peut pas se dire qu’on est les favoris de ce tournoi après le premier week-end, il faudra confirmer à Pau.

 

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